• Nous étions encore enfants, nous avions décidé d’escalader un vieux pont en ruine pour attraper les mûres qui poussaient plus haut.
    De beaux fruits noirs à souhait, si gros, si sucrés, qui nous tachaient les doigts, la bouche et les vêtements si nous n’étions pas assez prudentes, et là c’était une engueulade assurée. Pas de quoi rire, on ne riait pas à la maison !

    J’étais assez haut, très haut même, et toi tu attendais en dessous, j’ai tendu un bras pour saisir le fruit défendu, et …


    Combien de temps dure une chute ? Pas le temps de se voir tomber !
    Hé bien là, je me suis vue, et je t’ai vue juste en dessous de moi, et dans ce ralentissement du temps, une poussée en une ligne horizontale.
    Je suis tombée au-delà de toi, bien au-delà, sans aucune égratignure.

    C'était beau, tellement beau !!!
    Pas seulement parce que je ne t'avais pas blessée en tombant sur toi, mais pour ce temps qui s'était ralenti, comme arrêté, comme une brèche, comme s'il était possible de passer au travers...

     


    2 commentaires
  • Tant que l'on refuse les choses qui s'imposent
    C'est sûrement ça le réel
    Ce qui s'impose, sur quoi on ne peut agir
    Juste l'accepter ou le refuser
    L'accepter, c'est le laisser finir
    Le refuser, c'est faire durer
    Pas de jugement moral !
    Les deux sont possibles
    La souffrance n'est pas liée à l'une ou l'autre de ces attitudes
    Elle dépend d'une chimie interne
    Sur laquelle nous avons pouvoir d'agir
    Tout pouvoir 
    Non par l'addiction à des produits chimiques
    Ni par la répétition ou une quelconque méthode
    Là où je ne me sépare pas.

     


    2 commentaires
  • Quand le temps n’existe plus, ce temps psychologique
    Qui freine, qui bloque, qui enferme
    Qui fait croire une chose et une autre, suspicion
    Passer au crible le moindre fait et geste.
     
    Quand le pas se fait si léger, que cela est, planer …
    Nul besoin de vérifier, de dire un miracle, cela se fait.
     
    Quand ce n’est plus qu’écoulement
    De la source qui abreuve le puits
    À l’embouchure qui se jette dans l’océan…
    Oserais-tu entrer en ce lieu
    Armé  du bistouri qui dissèque le vivant ?
     
    Cela ne se peut !
    Te voici à la porte, ce que tu dis être la porte
    Et rageusement tu autopsies chaque fibre
    De ce bois vert
    Et le temps est ton ennemi
    Il est toujours trop tôt, ou trop tard
    Et le voilà, qui s’alourdit sur tes épaules
    Faisant le morne ennui, l’agonie
    Cette peur qui envahit tout espace
    Seul ton orgueil, incommensurable
    Te commande de tenir cette place intenable.
     
    Mais,  ce n’est qu’un cauchemar, un seul geste
    Il suffit d’un instant…

     

    Déjà publié ici


    votre commentaire
  • Vient ce moment, où ce n’est plus une question de niveau
    Celui qui serait le tien, bien plus … que le mien
    Tu vois… là, cela peut parler à chacun
    Dans chacune des langues existantes.
     
    Alors, cette histoire de niveaux
    Se révèle être la marque de l’ego
    Le penseur qui se sépare
    En un observateur qui juge.
     
    La plus grande des vanités
    Ne parvient pas à cacher
    La si grande souffrance de la séparation.

     

    Déjà publié ici


    votre commentaire
  • Une chance qu'ils n'aient pas réussi à se mettre d'accord tous ces grands doctors des grandes religions monothéistes !
    Une chance, je te le dis !
    Déjà qu'avec un dieu unique, tout puissant, là-haut dans le ciel, qui confie sa loi à quelques uns de ses soi-disant érudits, on était mal parti !
    Alors imagine s'ils s'étaient, tous les croyants, rangés derrière la même bannière, foutus, je le dis, nous serions foutus !
    Mais les choses sont bien faites, que même au sein de ce qui passe pour une même église, de multiples mouvances, voir des oppositions, et des conflits : chez les chrétiens, les musulmans, les juifs, des dissidents, des extrémistes, etc.

    Tu vois, les hommes ne pourront jamais s'accorder autour des croyances, et quant à l'essentiel, il est tellement silencieux !
    Pas de vérité comme un point fixe, pas de dieu séparé de sa créature, pas de quoi s'opposer.
    Vivant, l'infini vivant (infini = jamais fini) ne peut être saisi. Et bien sûr ne dicte aucune loi. 


    votre commentaire
  • C'est quand même incroyable tout ça...
    Des industriels qui nous empoisonnent
    Des religions qui nous prennent la tête
    Des guerres fratricides
    La course aux armements
    Des gars qui se font péter la gueule
    Entraînant dans la mort des enfants
    Coupables à leurs yeux de faire parti
    D'un système qu'ils condamnent
    Au nom de règles morales
    Strictes, travail d'épuration
    Sur les populations
    Qu'ils se convertissent !

    C'est incroyable
    Ceux qui pensent que ce n'est que là-bas... 


    4 commentaires
  • Je poursuivais le chien, fugueur comme le précédent, et le Dick d’avant était mort pour avoir mangé dans les marais des boulettes empoisonnées.


    Je ne voulais pas qu’il t’arrive même chose.
    Tu avais profité de mon départ, pour te sauver. J’avais laissé choir le vélo, et je courrais derrière toi, criant, t'appelant.
    Mais déjà tu étais au bout du chemin, comprendre que je ne pourrais jamais te rattraper.
    Alors désespérée, tomber à genoux, face contre terre et pleurer, pleurer.
    Et puis sentir, un souffle dans mon cou, une langue baveuse, tu étais revenu, contre toute attente, tu étais là au-dessus de moi.


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires