• Le problème vois-tu, c'est cette frontière pour dire ce qui est réel et ce qui ne l'est pas, c'est ainsi que les esprits se trouvent séparés de l'expérience. Déconnexion artificielle mais d'autant efficace.
    Du coté où l'on prétend le réel, tout est répertorié, calibré, classé, et rien ne doit changer ni de place, ni de forme, ni de couleur, sans qu'aussitôt une armée de spécialistes se déplace pour répertorier, calibrer, classer. Et puis quand cela ne se peut pas, ou qu'on a autre chose à faire, ou qu'on n'aime pas, « la chose innommable » est envoyée de l'autre côté de la frontière dans le pays de ce qui n'est pas réel, autant dire illégal, hors la loi, etc. On l'appelle aussi le pays de l'imaginaire, mais tout aussi bien le pays de la folie.
    Imaginaire ce qui se laisse domestiquer, récupérer, dresser, éduquer, conditionner, qui après avoir été gambader dans la prairie rentre à la bergerie sans faire d'histoire.

    « Oh quelle belle œuvre d'art, tu as fait là ! On en tirera un bon prix ! Te voilà célèbre, tu as quelque chose à dire au monde ! »
    Folie ce qui échappe à tout ça, dans la plus grande des libertés.

     

    Toi, tu es là, petit esprit, on t'aura appris à faire la différence, à respecter la frontière, te menaçant de punitions terrestres et divines, te donnant en exemple tous ceux qui ont chuté, avec force de détails effrayants en tout point. 
    Plus tard si cela te démange trop, cette envie d'aller voir de l'autre côté : « Surtout n'y va pas tout seul, il te faut être accompagné » et à nouveau les menaces et l'armée de spécialistes qui s'empare de toi. Ah la puissance des menaces, ces paroles qui disent, qui prédisent, qui engagent l'avenir, et condamnent le présent, on appelle ça aussi les conseils !

    Pourtant, quelques uns, se lancent à l'aventure. Au début ce n'est pas toujours consciemment, on dirait l'expression d'une nature plus profonde. Puis peu, à peu, le petit esprit entend le grand esprit en lui. Il le guide à la manière des grands esprits.

     


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  • « Les étrangers ! Oui, mais alors chez eux !
    Et puis s'ils viennent ici, avec notre permission s'il vous plaît, qu'ils se conforment, qu'ils s'assimilent, qu'ils ne fassent pas de vague, qu'ils ferment leur gueule, qu'ils n'oublient pas de dire merci, et surtout, surtout, qu'ils ne fassent pas de réclamation ! Et puis quoi ! Ils viennent chez nous pour poser des bombes, faire le bordel, prendre nos femmes, les violer ! Tu verras on sera obligé de porter le voile, et les retraités de payer pour tous ces immigrés ! »

    Mais comment peut-on dire pareilles inepties, ça pense ça ? Nous sommes allés, nous les européens, dans tous ces pays, piller, voler, tuer, et les richesses de la terre, et les cultures ancestrales, imposant la religion d'état, faisant colonies et esclavages ! Et encore le tourisme, les safaris, les trafics ! Tout ça dans la plus totale impunité ! Justifié par notre si grand sentiment de supériorité !
    Grand dieu ! Et dire que la mondialisation se fait au service du capital ! 
     
    Alors trop tard ?
    Certainement pas ! Tout est là, à sa juste place, quoi qu'on en dise. Tout est à sa juste place, que je ne sais pas expliquer, mais là chevillé. 


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  • La confiance qui peut être gagnée
    Ou encore perdue
    Celle-là faut vraiment s'en méfier
    C'est comme ces amours qui peuvent être déçus
    Ce sont des enfantillages, sentimentale !
    Tant de drames, jalousie et possessions
    Ce n'est pas l'amour, ça !
    Ce n'est même pas du niveau des hormones
    Qui elles claquent et plaquent sans un mot
    Non, c'est tout juste de la romance de bas étages
    A lire dans les halles de gare.

     


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  • « Quand on est vieux on se sent vulnérable ».
    Je me souviens le petit enfant que nous avions accueilli un soir au foyer, et qui suppliait : « S'il vous plaît monsieur, s'il vous plaît madame, ne me faites pas de mal ! »

    Pour cet enfant que les services sociaux venaient de séparer de sa mère SDF comme on dit, je comprends... et puis cet enfant était si doux, tellement gentil, et prévenant, comme ça, sans le faire exprès, sans manigance, sans calcul. Si, si, cela existe "sans calcul", dans une ouverture totale, au cœur de laquelle on rencontre le petit jésus, qui n'est autre que l'absolue vulnérabilité indestructible du vivant, en chacun de nous. Non, non ce n'est pas un sophisme ! Je dis bien « absolue vulnérabilité indestructible ».

    Mais pour les vieux, je ne comprends pas, ont-ils passé leur vie durant à se croire les plus forts, les plus justes, les plus riches, les plussss quoi ? Qu'ont-ils perdu ? 
    Pas même leur suffisance puisque les voilà à se découvrir tellement démunis... en vérité la peur, imminence, que toute leur vie, ils ont repoussé, loin, loin, là-bas et qui est là, tout près... 
     
    Voilà, il n'est jamais trop tard, tout à sa juste place. 


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  • Quand les choses
    Par l'esprit
    Décidées si réelles
    C'est terrible ! 
     
    A toucher la douleur
    Bras déchiré, le cri
    La mort, le trou, le noir
    Tout cela si réels !

    Angoissant, terrassant
    Mais !
    Détends-toi, lâche prise
    Que devient cette réalité ?

    Ouvre-les yeux maintenant...
    Où est donc cette si grande souffrance ?
    Si elle est encore-là, n'est-ce-pas toi qui es accroché ?
    Ce que tu prends pour une bouée est bien ce qui te fait sombrer.

     


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  • L'idéal de … réussite, vérification, preuve
    Ce qui permettrait de crier : on a gagné !
    Illusion groupale, cette foule d'un même pas
    D'une seule volonté
    Tous, tous ensemble, derrière un chef
    Un pape, un seigneur, dieu !
    Mais tous, tous, derrière lui.

    Désolée, un pas de côté
    Cela n'est pas mon chemin.

     


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  • Un jour que je marchais sur le chemin, m'étais arrêtée aux abords d'un champ, il y avait là une sorte de puits … je cassais la croûte, tétais la gourde, lorsque surgit un homme pas content, pas content du tout !

    "Qu'est-ce que je faisais-là ? D'où je venais ou j'allais, etc."
    Je me levais et toisais le petit homme, lui tenant tête, refusant de lui montrer mes papiers d'identité, de quel droit ?
    Il se mit à me raconter un tas d'histoires, qu'il était maire de... (rien à foutre), que je pouvais très bien empoisonner l'eau du puits, que …
    « Monsieur, je finis de casser la croûte et je reprends mon chemin. Appelez les gendarmes si vous voulez. Bonne journée à vous, bonne journée chez vous ! »

    Bon dieu si quelqu'un avait droit à la peur, dans cette situation, parce que quand même ! Une femme seule sur le chemin !
    J'ai fait comme j'avais dit, mon sandwich avait un drôle de goût, mais je l'ai fini, et j'ai pensé fort, fort, à tous mes frères et mes sœur, jeunes et vieux, sur les chemins de la belle de Navarre... et d'ailleurs ...

     

     

     


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